Les délais à ne pas laisser passer
- 15 jours après la notification du licenciement : demander à l’employeur de préciser le motif (article R1232-13 du Code du travail) ;
- 6 mois après sa signature : dénoncer le reçu pour solde de tout compte, pour les sommes qui y figurent (article L1234-20) ;
- 12 mois après la notification : contester le licenciement devant le conseil de prud’hommes (article L1471-1) ;
- 3 ans pour réclamer des salaires impayés (heures supplémentaires, primes…), à compter du jour où vous avez connu les faits ; la demande peut couvrir les trois années précédant la rupture (article L3245-1).
D’autres règles s’appliquent notamment en cas de discrimination ou de harcèlement : faites vérifier vos délais au plus tôt.
Ce que Maître ALIX vérifie en premier dans votre lettre
1. Les dates d’envoi et de réception
- La lettre ne peut pas être envoyée moins de deux jours ouvrables après la date prévue de l’entretien préalable (article L1232-6). Les jours ouvrables comprennent tous les jours de la semaine, sauf le jour de repos hebdomadaire (en général le dimanche) et les jours fériés habituellement non travaillés : ce délai peut donc dépasser 48 heures.
- Pour un licenciement économique, ce délai est de 7 jours ouvrables, et de 15 jours ouvrables pour un cadre (article L1233-15).
- Pour un licenciement disciplinaire (pour faute), la lettre doit aussi intervenir au plus tard un mois après l’entretien (article L1332-2).
- En amont, l’entretien ne peut pas avoir lieu moins de 5 jours ouvrables après la présentation de la convocation (article L1232-2).
- La date de présentation de la lettre recommandée fait courir votre préavis (article L1234-3). Conservez l’enveloppe et l’avis de réception : ils prouvent les dates.
2. Le motif
- La lettre doit énoncer le ou les motifs du licenciement (article L1232-6). Elle doit être justifiée et détaillée : des faits précis et vérifiables, pas une formule générale.
- Si le motif vous paraît vague, vous pouvez demander à l’employeur de le préciser dans les 15 jours suivant la notification, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé. L’employeur a ensuite 15 jours pour répondre (article R1232-13).
- Sans cette demande, une lettre insuffisamment motivée ne suffit plus, à elle seule, à rendre le licenciement injustifié : elle ouvre droit à une indemnité d’un mois de salaire au plus (article L1235-2).
- Faut-il demander ces précisions ? Pas toujours : la réponse de l’employeur peut compléter une lettre imprécise. C’est un choix à faire rapidement, idéalement avec votre avocat.
Les documents à réunir
- la lettre de licenciement, avec son enveloppe et l’avis de réception ;
- la convocation à l’entretien préalable et vos notes de l’entretien, si vous en avez pris ;
- votre contrat de travail, ses avenants et vos derniers bulletins de salaire ;
- les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte ;
- les échanges et pièces liés aux faits reprochés : courriels, messages, évaluations, sanctions antérieures, attestations.
Ce qui peut être contesté
- La procédure : convocation, délais, déroulement de l’entretien. Si le licenciement repose par ailleurs sur une cause réelle et sérieuse, une irrégularité ouvre droit à une indemnité d’un mois de salaire au plus (article L1235-2).
- Le motif : si le licenciement n’a pas de cause réelle et sérieuse, le juge peut proposer votre réintégration. À défaut, il fixe une indemnité dans un barème qui dépend de votre ancienneté et de la taille de l’entreprise (article L1235-3).
- La nullité : un licenciement lié notamment à une discrimination, à un harcèlement, à la grossesse ou à l’atteinte à une liberté fondamentale est nul. Vous pouvez alors demander votre réintégration, ou une indemnité d’au moins six mois de salaire (article L1235-3-1). Deux décisions commentées par le cabinet : la mention de l’état de grossesse dans la lettre et le refus de participer aux « apéros » de l’entreprise.
Négocier ou saisir le conseil de prud’hommes ?
Une solution amiable reste possible après le licenciement : elle prend alors la forme d’une transaction, qui met fin au litige. À défaut d’accord, la contestation se porte devant le conseil de prud’hommes, en principe celui du lieu de travail.
💡 Pour les étapes de la procédure, consultez nos fiches
Saisir le conseil de prud’hommes : 6 points à connaître
et Faut-il obligatoirement un avocat aux prud’hommes ?.
Questions fréquentes
Puis-je être assisté par un avocat pendant l’entretien préalable ?
Non. Vous pouvez vous faire assister par une personne de votre choix appartenant au personnel de l’entreprise. En l’absence de représentants du personnel, vous pouvez aussi faire appel à un conseiller du salarié inscrit sur une liste établie par l’administration (article L1232-4). Rien ne vous empêche de consulter un avocat avant l’entretien pour le préparer.
Faut-il signer le reçu pour solde de tout compte ?
Le signer ne vous empêche pas de contester votre licenciement. Une fois signé, vous disposez de 6 mois pour le dénoncer ; passé ce délai, il libère l’employeur pour les sommes qui y sont mentionnées (article L1234-20).
Textes vérifiés en octobre 2026. Ces informations générales ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation.